Nezu Jinja Reitaisai – Tokyo

Dimanche dernier on a participé à un festival traditionnel, le Nezu Jinja Reitaisai. Abandonner notre rôle de spectateurs pour prendre part aux événements nous a permis – plus que d’observer de l’intérieur – de vivre réellement ce que les gens vivent. Nous avons souri ensemble, prié ensemble, chanté ensemble, mangé ensemble, et bu ensemble. Nous nous sommes sentis accueillis.

On arrive vers 10 heures et on s’habille comme les autres membres de notre team. Je devrais dire “comme les autres fidèles” mais je préfère le terme en anglais utilisé par un de mes coéquipiers. Pour deux raisons:

  1. J’ai vraiment l’impression qu’on fait partie d’une équipe. La team des Sakana Machi, soit Le lieu du Poisson. Et ça me parle ce nom! Devant le hangar où l’on se regroupe se trouve le meilleur restaurant de sushis du monde. Si si. Le NOTRE. Celui qu’on connait depuis si longtemps, bien avant de venir habiter au Japon. Celui où Jerome a appris à faire des sushis, celui où l’on retrouve périodiquement nos amis Japonais. Qui eux, ont grandi dans le quartier et font partie des Sakana Machi depuis l’enfance…
  2. Bien que les festivités soient religieuses à la base, je les ai plutôt perçues comme une grande fête communautaire, un moment partagé entre voisins. Toute la communauté est présente, chacun avec un rôle précis durant le rituel: les enfants s’amusent (évidemment), les jeunes portent le mikoshi et les vieux s’occupent de l’organisation.

Déroulement des festivités

Le sanctuaire de Nezu est un sanctuaire shintoïste (jinja en Japonais) qui se trouve dans le quartier de Bunkyo, non loin de Ueno. Susanoo-no-Mikoto est la divinité (Kami) qui y est vénérée.  C’est la divinité de la mer et des tempêtes, en particulier des fortes tempêtes d’été. La vénérer maintenant n’a donc rien d’étonnant. D’ailleurs, pendant que je vous écris le Japon subit son énième typhon de la saison…

Les équipes portent un palanquin sacré qui représente symboliquement la divinité. L’incarnation physique du Kami est placée dans le palanquin qui est scellé après un rituel religieux auquel je n’ai pas participé. Ce palanquin est ensuite promené dans le quartier pendant environ 8 heures… C’est lourd, les porteurs doivent donc se relayer. Quand on ne porte pas, on se repose en marchant derrière le palanquin et en claquant des mains, en sifflant ou en chantant pour encourager les porteurs.

D’après les informations obtenues pendant la procession, il y a 23 palanquins. Au fur et à mesure que la journée passe les différentes équipes se retrouvent sur le parcours et se dirigent, autour de 16h00, vers le Nezu Jinja où des festivités ont lieux. Animations à l’air libre, musiciens traditionnels, jeux pour enfants, stands de nourriture jonchent alors notre parcours.

Il est vrai que les étrangers se trouvaient plutôt dans le public mais notre présence comme témoins/observateurs/participants ne m’a pas semblée si étonnante. Le Japon s’ouvre à l’autre de plus en plus. Participer à un matsuri qui s’adapte, en accueillant des étrangers, était une expérience unique.

Références

Je n’ai pas encore beaucoup lu sur les matsuri et sur le shintoïsme en général… Je me suis basée sur des discussions avec des Japonais, sur mes expériences et sur mes ressentis pour écrire ce billet.

Sur internet vous avez un très bon article de Sylvie Guichard-Anguis:

Sylvie Guichard-Anguis, « Rites et fêtes dans les villes japonaises », Cybergeo : European Journal of Geography [En ligne], Dossiers, Colloque “les problèmes culturels des grandes villes”, 8-11 décembre 1997, document 80, mis en ligne le 10 mars 1999, consulté le 19 septembre 2016. URL : http://cybergeo.revues.org/1059 ; DOI : 10.4000/cybergeo.1059

Je viens de commander deux livres:

Aurore Chaillou, Shintoïsme et bouddhisme au fil des temples japonais : Suivi de Carnet de Route, Paris, L’Harmattan, 2002.

et

Michael Ashkenazi, Matsuri: Festivals of a Japanese Town, University of Hawaii Press, 1993.

Rainbow bridge – Tokyo

Le quartier de Minato à Tokyo est génial pour ceux qui, comme moi, adorent la mer, les bateaux et les ports (Minato veut dire port en japonais by the way). Un mélange de nature et de béton que les Japonais maitrisent à merveille. Ce jour là, je suis descendue à la station Tamachi et me suis dirigée vers le Rainbow bridge. Des immeubles très modernes jonchent le bord des canaux. Plus on s’approche du pont, plus on voit des gros camions et plus on devine que le port n’est pas loin.

Une mouette passe…

Quand on arrive finalement au pont, on peut prendre un ascenseur et le traverser à pied pour aller vers Odaiba. La vue est géniale et le pont super beau. Enfin, pour moi qui aime le béton hein? Cela n’a rien à voir avec les anciens ponts de Paris… Attention, en haut, l’ambiance change. On est au bord d’une autoroute à plusieurs voies, ça sent le pot d’échappement et il y a du bruit. Mais on prend des belles photos.

En descendant de l’autre côté, on retrouve la mer et la plage d’Odaiba. Loin du grincement des pneus…

Il y a au Japon une espèce de dualité fascinante. Le moderne se mêle volontiers au traditionnel. On pourrait même dire qu’ils se fondent l’un dans l’autre. Ainsi que la nature se fond, ici, dans le béton.

Les Japonais vont marcher dans le sable d’Odaiba, pieds nus. Ils se posent sur l’herbe pour manger un bento ou pour regarder les enfants se baigner. Dans le calme. Dans la zénitude. Ils regardent cette ville ultra hight tech qui grouille sans arrêt, juste là, en face…

Ce billet s’inscrit dans le photo challenge Edge.

Les dauphins de Tiputa

Première fois à Rangiroa, premier jour de plongée, première plongée avec des dauphins. Ever. Èverrrrr. Bol absolu ou bonheur absolu? Sans doute un peu des deux.

Ça donne un peu ça: tu descends, tu descends, tu descends… T’as un moment pour réfléchir au briefing de Pitou:

– On plonge dans un endroit où il y a souvent des dauphins, on les cherche un peu, puis on se laisse porter par le courant vers le mur de requins…

Mur, oui, pas banc.

Hum. Tu te dis qu’il doit quand même exagérer un peu, requins et dauphins ensemble dans une même plongée, c’est peu probable voyons… et là, paf, le premier dauphins passe.

Tu prends ton appareil photo, tu cliques, il est éteint. Oui, souviens-toi que tu rêvassais il y a deux secondes à peine…

Quand l’appareil photo est bien allumé – enfin ouf – tu décides de filmer car tu sens qu’ils sont sur le départ. Tu ne prends aucune photo. Zéro. Nada.

Même avec tes piètres qualités de vidéaste – allez avoue, t’as jamais vraiment fait ça hein? – le souvenir est là. Tu as même pu prendre sur le fait ton buddy qui se rend compte, quand il clique sur son appareil photo à lui, qu’il a oublié de mettre la carte mémoire…