Incognito

Celui-là, c’est vraiment un petit malin. Difficile à repérer car il traîne avec ses potes les coraux qui lui ressemblent… En plus, il est petit… Mais grâce au super dive master qui m’a guidée dans ma plongée à Komodo, Nico, j’ai pu l’admirer! Franchement, si j’étais toute seule, je serais passée devant en me disant “chouette, un corail tout riquiqui”!

En plus, il s’appelle Flabellina. Il fait rêver ce nom, n’est-ce pas?

Série macro

À chaque plongée, j’étoffee un peu plus ma série macro de coraux. Ces photos étonnent toujours car le non plongeur n’a aucune idée de ce que c’est; cela ressemble tellement à des fleurs. On m’a demandé une fois s’il s’agissait de fleurs séchées.

Alors que les océans se réchauffent et que, par endroits, les coraux sont en train de mourir, c’est de plus en plus urgent de sensibiliser les gens à la disparition de ces créatures hallucinantes qui vivent sous l’eau.

J’hésite à ajouter des macros de poissons ou autres créatures à cette série. Je trouve que les images se parlent bien, et vous?

Mantis la peste

La plus belliqueuse des crevettes. Connue pour la rapidité de son attaque et la force de son coup de poing. Et oui, c’est une peste et le photographe qui rapproche trop son appareil photo doit s’en méfier…

J’ai trouvé cette jolie vidéo sur internet (malheureusement l’auteur des images n’est pas mentionné). Ça vaut le coup… d’oeil!

Un réel bain de sable

Certains plongeurs prétendent qu’on ne voit rien sur une plongée sans récif, une plongée sur le sable. Je n’aime pas ce genre de principes donc j’ai décidé de poster ici quelques photos prises lors d’une seule plongée au Parque de Komodo, dans la mer de Flores.

Comme vous savez, j’aime les macros et ne vous montre que ça la plupart du temps… Mais on a vu une énorme, vraiment gigantesque tortue et un autre groupe a vu un manati!

Il a essayé de se cacher dans le sabre ce malin mais m’avais toujours à l’oeil…

Le frogfish marchait, à tous petits pas certes, allant va savoir où. Très belle rencontre pour moi. Quand je l’ai vu, il était entièrement brun, quand il m’a vu, il a commencé à se transformer et je voyais des petites tâches blanches apparaitre par-ci par-là sur son corps. Inoubliable.

Le bernard l’hermite plus haut m’a bluffée! J’ai vu d’abord une pierre entourée d’algues… se déplacer. J’avoue que durant une brève seconde je me suis demandée si je n’étais pas narcosée. Mais en y regardant de plus près j’ai vu ses petits yeux. Les voyez-vous?

“Voir un monde dans un grain de sable

Et un Ciel dans une Fleur sauvage

Tenir l’infini dans la paume de la main

Et l’éternité dans une heure”

William Blake dans Augures d’Innocence.

Arlequin

En profitant d’une journée de pluie de fin de vacances pour trier mes photos, je suis tombée sur cette magnifique crevette arlequin! La photo a été prise aux Philippines, en 2016, avec mon vieux TG-2.

Hippocampus bargibanti

J’ai failli effacer toutes mes photos de plongée prises à Malapascua en octobre dernier. D’un seul clic. En moins de deux secondes. Sur une fausse manip.

Peut-être ce voyage m’a traumatisée et je voulais juste oublier… On faisait une formation en plongée technique et bien que cela soit passionnant en soi, ça ne s’est pas super bien passé.

On ne nous a pas envoyé le manuel avant le cours donc on a passé des heures à littéralement bouffer de la théorie dans le café bruyant du club de plongée, car non, il n’y a avait pas de salle de cours disponible pour nous. Je vous entends d’ici “mais vous étiez dans un endroit paradisiaque, mer turquoise et tout le tralala”. On ne s’est pas baigné une seule fois, à part en plongée évidemment. Pas le temps. Il faillait étudier.

À chaque page tournée, un avertissement: en plongée technique tu risques ta vie à tout moment. Gloups. D’abord le matériel doit être en parfait état, si non tu meurs. Et non, je ne dramatise pas. C’est comme ça. Mais celui fourni par le club ne l’était pas. Après avoir bouffé de la théorie, on passait des heures à essayer de faire en sorte que tout marche, histoire de ne pas… vous l’avez compris. Sans rentrer dans trop de détails, évidemment mon gilet s’est déchiré et je suis passée très près d’un accident. Trop près.

C’était sans doute le voyage le plus stressant de ma vie. Sans compter que je me suis sentie frustrée pendant toute la formation. Quand on fait de la plongée technique, on réapprend à plonger en quelque sorte. Comme me disait mon excellente, car oui, il y a eu une bonne chose dans tout cela, instructrice “quand on est avancé en plongée et qu’on croit tout savoir, c’est difficile de casser les habitudes et d’assumer qu’on ne sait pas grand chose ou qu’on doit faire les choses différemment”.  J’avoue avoir eu, en tout cas avant ce voyage, la grosse tête. Je pensais avoir une très bonne flottabilité, je donnais des leçons à tout le monde sur le sujet d’ailleurs. Énorme déception! Il fallait tout revoir niveau buoyancy car plonger avec 3 ou 4 bouteilles change un peu les choses… Bref, pour la donneuse de leçons que je suis, ce fut un petit pas fait vers l’humilité. En passant par l’envie de jeter l’éponge car “je ne suis pas capable de faire cela gnagnangnan” mais en arrivant tout de même à quelques chose à la fin.

Pour le dernier jour de plongée détente – ouf, finalement – et pour mouiller ne serait-ce qu’un fois mon appareil photo, on est tombé sur cet hippocampe pygmée. Cette petite merveille m’a fait illico oublier toutes mes mésaventures d’avant. Et dire que j’ai failli l’effacer par mégarde…

Monsieur Gobi et sa crevette

  • ©Marcela Meirelles Martins
  • ©Marcela Meirelles Martins
  • ©Marcela Meirelles Martins

Le jour où j’ai pris cette photo, j’étais à un site de plongée que j’appelais “TV à requins” – mais qui s’appelle en réalité Ulong Channel – à Palau, en Micronésie.

TV à requins donc. Il y en avait tellement qu’il suffisait de se laisser porter par le courant, très léger ce jour là, pour voir défiler les squales devant nous. Imaginez la scène, tous les plongeurs focalisés sur les requins et moi, qui leur tournais le dos pour observer ce petit gobie et sa crevette. Totalement loufoque, la fille. Mais il n’y a rien à faire, je les adore. Ils vivent en symbiose dans le même trou. La crevette nettoie – on la voit d’ailleurs enlever le sable sur la photo plus bas – et s’il y a un danger, moi en l’occurrence, le gobie l’avertit et elle se cache. Donnant donnant. Ils vivent bien ensemble.

La technique

Ce ne sont pas les photos les plus faciles à prendre et c’est peut-être pour ça que je les aime tant.

Il faut bien maitriser sa flottabilité, ce qu’on apprend au premier cours de plongée et que beaucoup de photographes amateurs oublient assez vite. L’idée est de ne pas toucher le sable et de ne pas trop bouger pour que le gobie oublie notre existence. Patience donc.

J’avais un appareil assez simple – un Olympus T2 en mode macro – mais qui fait des très belles photos. Par contre, il n’arrivait pas à faire le focus, le sable, la crevette et le gobie étant blancs/gris, il focalisait un peu n’importe où.

Je suis super attachée à mon petit Olympus T2 d’ailleurs. Je sais que je devrais changer après toutes ces années mais il est léger et très bon en mode macro, donc j’hésite encore à investir dans ces appareils super lourds avec des flashs qui pendouillent de partout. Je n’ai pas envie de devenir cette personne qui perd le plaisir de la plongée juste pour prendre des photos. Cette personne que tous les autres plongeurs attendent impatiemment et que, parfois, abime l’environnement.

Les mauvais exemples

J’ai connu un photographe aux Philippines, qui semblait maitriser la plongée puisqu’il nous a raconté sur le bateau qu’il avait environ 6000 plongées et qu’il avait été plongeur professionnel sur les plateformes de pétrole dans sa jeunesse. Une fois sous l’eau, il m’a fait sortir de mes gongs au bout de 10 min. Justement, il avait l’air de prendre une photo d’un petit gobie sur le sable et…  il était carrément couché par terre. J’ai pu voir toute la scène, il est juste tombé, à plat, sur le fond, ne maitrisant aucunement sa flottabilité. Soit son appareil était trop lourd, soit il s’en fichait. Je penche pour la deuxième option car, à aucun moment il n’a gonflé son gilet. J’ai même vu un bernard l’hermite partir à toute vitesse pour ne pas être écrasé…

Morale: pour faire des photos de plongée réussies, il faut maitriser la technique, la flottabilité principalement, et ne laisser que des bulles derrière soit en remontant à la surface. Pour moi, si prendre une photo m’oblige à toucher le corail (ai ai ai), abimer l’environnement, stresser les poissons avec des flash répétés, je ne la prends tout simplement pas. Je préfère n’avoir qu’un beau souvenir que laisser un bernard l’hermite écrabouillé derrière moi, pas vous?

Les dauphins de Tiputa

Première fois à Rangiroa, premier jour de plongée, première plongée avec des dauphins. Ever. Èverrrrr. Bol absolu ou bonheur absolu? Sans doute un peu des deux.

Ça donne un peu ça: tu descends, tu descends, tu descends… T’as un moment pour réfléchir au briefing de Pitou:

– On plonge dans un endroit où il y a souvent des dauphins, on les cherche un peu, puis on se laisse porter par le courant vers le mur de requins…

Mur, oui, pas banc.

Hum. Tu te dis qu’il doit quand même exagérer un peu, requins et dauphins ensemble dans une même plongée, c’est peu probable voyons… et là, paf, le premier dauphins passe.

Tu prends ton appareil photo, tu cliques, il est éteint. Oui, souviens-toi que tu rêvassais il y a deux secondes à peine…

Quand l’appareil photo est bien allumé – enfin ouf – tu décides de filmer car tu sens qu’ils sont sur le départ. Tu ne prends aucune photo. Zéro. Nada.

Même avec tes piètres qualités de vidéaste – allez avoue, t’as jamais vraiment fait ça hein? – le souvenir est là. Tu as même pu prendre sur le fait ton buddy qui se rend compte, quand il clique sur son appareil photo à lui, qu’il a oublié de mettre la carte mémoire…

Poisson feuille (si si)

Poisson feuille… C’est une espèce de poisson scorpion qui ressemble à une feuille. Il a tout pour me plaire. C’est un petit malin (ceux là mesuraient environ 8 cm) qui essaie de se cacher comme il peut. Comme il ressemble à une feuille, il se positionne vers des algues, pas bête le poisson… Il se camoufle, change de couleur à sa guise. C’est rare, c’est bizarre, tu as beau avoir plein de requins qui te tournent autour, tu te concentres quand même sur ces petits êtres versatiles.

Les photos ont été prises à Palau, en mai 2016.